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Financements

Suite au conclave budgétaire de ce 10 mars, 250 millions d'euros en débat en lien avec les "compétences usurpées". Quel impact sur la coopération?

La coupe de 250 millions d'euros concerne ce que le Gouvernement considère comme "compétences usurpées" (parfois aussi qualifiées de compétences fantômes), c'est à dire, les compétences qui, transférées aux Régions et/ou Communautés, sont toujours financées et organisées par le budget fédéral. Cette question des compétences usurpées n'est pas à confondre avec la coupe budgétaire réelle de 50 millions d'euros en 2012, due à des reports de versements à l'office du Ducroire et au Fonds Africain de développement (il s'agit donc de reports de dépenses!).

Tandis que la question des compétences usurpées concerne un 'transfert' de dépenses du Fédéral vers les Communautés/Régions, et donc au total du budget de l'État belge ne concerne pas une économie : ce que le Fédéral n'inscrit plus à son budget, ce sont les Régions/Communautés qui devraient l'inscrire à leur budget.

Le 22 mars, le Premier Ministre Elio di Rupo a réaffirmé devant la Chambre qu'il y avait un accord entre les Présidents de Partis et que cet accord figurait dans l'annexe budgétaire issue de l'accord du gouvernement. La liste de ces compétences 'usurpées' a été établie par l'Inspecteur des Finances et sera soumise à la Concertation des Régions et Communautés le 27/03/2012 (réunion reportée par deux fois, en raison du deuil national le 16/03 et des cérémonies officielles de funérailles des 21 et 22 mars).

Le Ministre du budget, Olivier Chastel a déclaré devant la Commission Finance de la Chambre le 14/03/2012 : "Les autorités fédérales demandent aux Communautés et aux Régions de prendre progressivement leurs responsabilités en ce qui concerne certaines compétences. Les autorités fédérales considèrent les subventions pour les organisations de défense des droits de l'enfant, pour les associations de coopération au développement, pour la fondation Biermans-Lapôtre et pour le financement des primes syndicales du personnel public comme des compétences usurpées."(1) Un comité interministériel - entre fédéral et entités fédérales - des finances et du budget aura lieu à ce sujet mardi 27 mars à 18h30, il déterminera la composition de ces 250 millions d'euros.

Pour Philippe Suinen (AWEX et WBI), la question des compétences "usurpées" est à la fois politique et juridique.

  • Politique : "Sur les 250 millions d'économies prévues sur les compétences usurpées, il y a environ 90 millions qui portent sur la coopération au développement liée à l'enseignement. C'est une forme de hold-up du fédéral à charge des entités fédérées. En plus de ce hold-up, c'est aussi une façon de favoriser la Région qui a de meilleurs perspectives financières, c'est à dire la Flandre. Elle a d'ores et déjà dit qu'elle pourrait assumer sans problème la relève pour la coopération dans l'enseignement. On peut franchement se demander si la composante flamande du gouvernement n'a pas la volonté de nuire à la partie francophone du pays."
  • Juridique : "Dire que l'on rend aux Communautés ce qu'on leur avait pris est dans ce cas-ci une hérésie intellectuelle et juridique. Il n'y a pas d'usurpation du tout dans la coopération au développement pour l'enseignement. Affirmer le contraire, c'est essayer de faire payer aux entités fédérées une partie de l'assainissement budgétaire du fédéral." (2)

Quel impact sur la coopération au développement?

Parmi les 250 millions annoncés, le budget de la coopération au développement serait amputé des subventions accordées à la coopération universitaire et à certaines institutions scientifiques, à l'APEFE et au VVOB, aux administrations décentralisées (villes, communes, provinces), aux programmes sociaux et culturels des maisons d'accueil d'étudiants provenant des pays en développement, aux écoles à programmes scolaires belges, toutes compétences supposées "usurpées" (estimation en année pleine = +/- 92 millions d'euros).

Le Ministre Magnette a déclaré devant la Commission Relations Extérieures de la Chambre le 13/03/2012: "Le gouvernement propose que dans le cadre de la question des compétences usurpées, la coopération au développement économise un montant de 92 millions d'euros. Une conférence ministérielle lors de laquelle le premier ministre invitera les Communautés et les Régions à exercer désormais ces compétences sera organisée. À cette occasion, toutes les possibilités seront examinées pour préserver totalement la continuité des activités." (3)

Pour le CNCD 11.11.11: 50 millions en moins pour la coopération : « Regrettable mais pas surprenant ». « Je m’attendais à ce que l’aide au développement soit touchée. La coopération au développement est loin d’être la seule à être concernée par les mesures budgétaires. Et les ONG semblent être épargnées. Des mesures similaires ont été prises dans toute l’Europe. Seule la coopération au Royaume-Uni serait épargnée »(4) déclarait son secrétaire général Arnaud Zacharie.

Pour la Coupole flamande 11.11.11 on a aussi évité de toucher aux petites gens dans le Sud, mais la question des compétences usurpées porte en elle un potentiel de coupes budgétaires qui toucheront les populations défavorisées des pays en développement. (13 mars 2012)

A la session du 13 mars de la Commission Relations Extérieures de la Chambre des représentants, Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen) a également interpellé le Ministre sur cet objectif :

"Les économies en matière de coopération au développement nous éloignent encore un peu plus de l'objectif des 0.7% du PIB. Le ministre doit être vigilant. Pour GROEN, la coopération inter-universitaire ne constitue nullement une compétence usurpée, quoi qu'en pensent d'autres groupes politiques. Le transfert de cette compétence ne figure d'ailleurs pas dans l'accord "papillon"."(2)


La coopération inter-universitaire

Pour ce qui est de la coopération inter-universitaire, le Ministre plaide pour : "une période transitoire"(3) Ce dernier renvoie au ministre du Budget pour ce qui concerne la définition des compétences mixtes ou parallèles, qui dans le cadre du budget de la Coopération au développement doivent être considérées comme usurpées.

La coopération inter-universitaire réagit. Pour le Conseil Inter-Universitaire de la Communauté Française de Belgique  (CIUF) et la Commission universitaire pour le Développement (CUD) (5), cette coupe budgétaire est faite "au prix, surtout, d'une contradiction flagrante avec l'intention déclarée de la Coopération belge de se conformer aux recommandations des instances internationales telles que l'OCDE, qui exhortent la Belgique à mener une coopération beaucoup plus cohérente, notamment dans l'articulation de ses différents volets". Aussi, les recteurs déclarent: "La coopération au développement reste une compétence du fédéral. Dès lors, comment ne pas voir dans la coopération universitaire au développement, instrument reconnu comme nécessaire et efficace, une compétence sinon fédérale, au moins partagée" (6) (13 mars 2012)

De son côté l'équivalent flamand du CIUF-CUD, le VLIR-UOS, se positionne différemment. Pour les Recteurs des Universités flamandes, les querelles communautaires et budgétaires ne peuvent pas mettre à mal la coopération au développement entre les Universités et les Hautes Écoles du Nord et du Sud. Dans le communiqué de presse paru le 22 mars 2012, les recteurs réclament davantage de clarté sur les financements 2012 (sur lesquels il n'y a pas encore d'accord) et les engagements à long terme. L'impact d'un tel transfert doit être mesuré, c'est la raison pour laquelle ceux-ci prônent une période de transition et un transfert préparé et coordonné vers les Entités fédérées qui ne pourrait se faire, selon eux, avant 2013. Dans tel scénario, les recteurs aimeraient être consultés avant 2013. Ces derniers ne se positionnent donc pas contre le transfert mais ne veulent pas qu'il signifie des économies déguisées pour le fédéral. Ils ré-insistent sur l'importance des engagements de la Belgique sur la scène internationale au niveau des 0.7% du PNB. (7)

La coopération des villes et communes

Les villes et communes du pays sont également des acteurs de la coopération au développement via le Programme de Coopération internationale communale (CIC). C'est un programme co-financé par la Coopération belge et encadré conjointement par l’AVCB (Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale) et l'UVCW (Union des Villes et Communes de Wallonie). Ce programme est, dès lors, également menacé par la controverse suscitée par les compétences usurpées. UVCW réagit : "Un transfert vers la Région risque d'interrompre définitivement nos activités et égratignerait sérieusement la coopération belge". Ces compétences étaient jusqu'à présent qualifiées de mixtes car exercées par les deux niveaux de pouvoirs, mais selon le Ministre Magnette : "Ce n'est pas le cas".(8)

 Quelles suites?

Les Universités se mobilisent. Une pétition a été lancée par le monde académique sur internet avec pour thème : La coopération avec les universités des pays en développement gravement menacée!

Dans la presse, le ministre-président flamand, Kris Peeters, a déclaré qu'il fallait s'attendre à une discussion "très dure" avec le gouvernement fédéral à propos des compétences dites usurpées qu'il nomme compétences "fantômes" car difficile à identifier. Aussi, suite à la présentation d'une liste du contenu de ces compétences "usurpées" visées par la coupe budgétaire par le Ministre Chastel devant un conseil des ministres restreint ce 21 mars, il a déclaré : « Cette liste de Chastel est tout à fait inacceptable. Elle n’est pas à l’ordre du jour. Vous pouvez donc la déchirer et il n’est plus nécessaire d’y faire référence » au Parlement flamand.(9)

Le Ministre du budget s'est lui défendu, déclarant que ce n'était pas sa propre liste mais la liste du gouvernement fédéral avalisée par le Premier Ministre et les Vice-Premiers.(10)

Bruno Tobback, président du sp.a, en appelle au débat entre les différents niveaux de compétences. Il a affirmé :"Il ne s'agit pas de principes religieux, mais de politique pratique", lors de l'émission De Zevende Dag de la VRT-télévision. (11)

Le mardi 27 mars se déroulera la (une première réunion des ?) conférence(s) interministérielle(s) des Finances et du Budget.

Affaire à suivre donc...

(1) Extrait  du Compte Rendu analytique provisoire de la Commission Finance du 14/03/2012 de la Chambre des représentants
(2) Propos extraits de La Libre Belgique du mardi 13 mars 2012
(3) Extrait  du Compte Rendu analytique définitif de la Commission Relations Extérieures du 13/03/2012 de la Chambre des représentants
(4) CNCD-11.11.11, 50 millions en moins pour la coopération : « Regrettable mais pas surprenant »
(5) Extrait de la Carte Blanche de la CUD "Le gouvernement belge veut-il abandonner les universités du Sud" du 12 mars 2012
(6) Site internet Le Vif.be, jeudi 15 mars
(7) Communiqué de presse du VLIR-UOS paru le 22 mars 2012
(8) Article paru dans Le Soir sur 26 mars 2012
(9) http://www.lesoir.be/actualite/belgique/elections_2010/2012-03-21/peeters-vous-pouvez-dechirer-la-liste-des-competences-usurpees-904207.php
(10)http://blogs.rtl.be/carnetpolitique/kris-peeters-veut-dechirer-la-liste-dolivier-chastel/
(11) http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_competences-usurpees-bruno-tobback-en-appelle-au-debat?id=7736814

PULSE a publié sur son site les résultats du sondage réalisé auprès du monde politique sur son soutien à la coopération au développement

L'étude "Political support for developpement cooperation in Belgium" (2013) approfondit la manière dont les partis politiques développent leurs politiques "coopération au développement",  les interactions entre monde politique et société civile, les questions liées à l'aide dans le paysage politique belge actuel. 

Voici quelques conclusions :

  • L'aide au développement n'est pas la priorité des partis politiques, la position qu'ils prennent sur les questions d'aide ne modifiant pas le vote des électeurs.
  • La définition des visions, stratégies, position politique, programme électoral en matière d'aide au développement est essentiellement un travail interne au parti : les partis s'appuyent sur un (ou groupe de) politicien(s) du parti "expert(s)" en coopération au développement ou prêt(s) à s'investir dans ce champ et ayant une connexion avec le secteur du développement.  Pour s'informer, approfondir les dossiers, etc. ils ont recours à des centres de recherche affiliés, des ONG proches idéologiquement ou des universitaires de confiance. 
  • Le travail de plaidoyer des coupoles ou des ONG peut influencer les partis poliltiques.  Les ONG ne sont toutefois pas considérées par ceux-ci comme  "l'opposition" mais plutôt reconnues pour leur rôle d'information, de conseil, leur expertise (essentiellement en début d'un processus de consultation mais pas sur l'ensemble du processus d'élaboration/décision).
  • Les ONG tentent d'atteindre les partis de l'extérieur (campagnes publiques, dénonciations des politiques et pratiques) ou par l'interne (conseil, lobbying direct).  Les coupoles d'ONG travaillent souvent par le biais de memorandums.  Elles tentent d'être perçues comme neutres idéologiquement et de créer des alliances entre plusieurs partis politiques.  Les ONG lobbyistes doivent constamment adapter leur approche, celle-ci varie suivant les partis et si le parti est dans l'opposition ou la majorité.  Une ONG dite de gauche aura plus difficile à convaincre la droite et inversement. 
  • Sans grande surprise, la gauche note une préférence pour les programmes sociaux (éducation, santé, travail communautaire, renforcement de la société civile); la droite pour les programmes économiques (investissement).  La droite est davantage en faveur des conditionnalités.  La différence gauche-droite est perceptible aussi quant à l'exclusion ou non de certaines dépenses du budget de l'aide (politique d'asile et annulations de la dette), la droite tendant à les inclure.
  • L'ensemble des partis s'accordent pour privilégier différents canaux d'aide et sur la nécessité d'éviter la dispersion. 
  • Certains sujets ne sont pas pris en compte par les partis politiques et sortent donc du débat public : efficacité et efficience des institutions multilatérales (1/3 du budget de l'aide); continuité et prévisibilité des financements; le système actuel de l'aide.

L'aide au développement à la loupe

  1. Créé par Maria Isabel ANSION
  2. Le 19/09/2013
  3. Dans Financements Info à promouvoir
Deux rapports mettent en avant les défis à relever au niveau belge et européen pour l'aide au développement

L'aide, catalyseur de développement ou variable d'ajustement budgétaire ?

C'est la question que pose le CNCD-11.11.11, dans son dernier rapport sur l'aide belge au développement. L'analyse est faite selon trois axes :

  • La quantité de l'aide : L'aide a diminué entre 2011 et 2012, il s'agit d'une baisse historique (voir schéma plus bas) ; et elle diminue encore dans les contrôles budgétaires de 2013 et 2014. Ces diminutions n'ont pas touché les projets dans les pays les moins avancés et les projets issus d'ONG de développement. Toutefois, le CNCD-11.11.11 recommande notamment d'adopter une loi budgétaire afin d'atteindre progressivement le 0.7 % du RNB pour l'APD.
  • L'efficacité de l'aide : La Belgique a adopté des Lois (notamment la nouvelle Loi sur la coopération au développement) et des stratégies qui s'inscrivent dans le respect des principes de la Déclaration de Paris (2005). Cependant, le rapport met en évidence le manque de prévisibilité de l'aide, une absence de cadre formel de concertation pour l'élaboration des stratégies par pays, ainsi que l'absence de lignes directrices en matière d'aide budgétaire.
  • La cohérence des politiques pour le développement : Bien que cette préoccupation soit inscrite dans la nouvelle Loi pour la coopération au développement, sa concrétisation reste difficile : les incohérences sont toujours là, mais surtout, rien ne bouge dans les structures existantes pour travailler sur cette problématique.

Évolution de la part de l'APD dans le RNB en Belgique et dans les pays du
CAD de l'OCDE depuis 2000

Plus d'infos sur le site du CNCD-11.11.11.

Pleins feux sur la cohérence des politiques au service du développement

Concord présente dans son rapport l'impact réel des politiques de l'UE sur la vie des pauvres. Concord souligne que l'UE est la seule région dans le monde à avoir instauré une obligation de redevabilité sur les incidences de ses politiques sur les plus démunis de la planète. Ceci étant les outils de prévention mises en place à cette fin sont inéfficaces et inadéquates. Par ailleurs au niveau des états, plusieurs intitiatives existent mais la situation est très différentes d'une pays à l'autre. Le rapport note qu'en Belgique il y a une certaine volonté politique et qu'elle travaille aux mécanismes nécessaires pour la concrétiser.

Le rapport explique ensuite très concrètement l'impact des incohérences via des exemples :

  • Financement pour le développement : Comment l’UE peut-elle mettre fin aux flux financiers illicites qui privent Caroline Muchanga et sa famille en Zambie, comme beaucoup d’autres citoyens des pays en développement, de leurs droits sociaux fondamentaux ?
  • Sécurité alimentaire et nutritionnelle : Comment l’UE peut-elle faire en sorte que Halima Ally de Tanzanie et d’autres commeelle bénéficient de ses investissements dans l’agriculture ?
  • Changement climatique et ressources naturelles : Comment l’UE peut-elle aider Adoaga Ousmane au Tchad, Máxima Acuña Atalaya au Pérou et les populations locales d’autres pays en développement à tirer parti de leur environnement et de leurs ressources naturelles ?

Plus d'infos sur le site du CNCD-11.11.11.

Exode des réfugiés, réchauffement climatique… Face aux grands enjeux internationaux, le budget de l’aide belge stagne à 0,45 % du RNB

Le CNCD-11.11.11 a communiqué sur les résultats de son analyse de l'aide au développement en 2014.

A l’heure où l’attention médiatique et politique se concentre sur la crise des réfugiés, le CNCD-11.11.11 tire la sonnette d’alarme. En s’appuyant sur les constats tirés de son Rapport annuel sur l’aide belge au développement, publié ce jeudi 17 septembre.
L’aide belge ne représente plus que 0,45% du RNB, contre 0,64% en 2010. Les coupes prévues risquent de faire passer ce taux sous la barre des 0,4%, du jamais vu depuis le début du 21e siècle.

Le CNCD-11.11.11 insiste également sur la situation préoccupante dans la région des Grands Lacs, où se concentre près de la moitié de l’aide belge au développement. 

Plus d'infos sur leur communiqué de presse et le rapport sur le site du CNCD-11.11.11.

DonorInfo, le site qui informe les donateurs sur les organisations philanthropiques belges lance son nouveau site internet.

De nombreuses ONG membres d'ACODEV sont présentes sur le site internet www.donorinfo.be et fournissent leurs  informations financières, soit directement, soit au travers de l'accord passé entre les Fédérations d'ONG et donorinfo pour partager les données récoltées dans ONG-LivreOuvert.

www.donorinfo.be est une initiative gratuite de la fondation Donorinfo, réalisée pour un large public en recherche d'une information fiable sur les organisations philanthropiques belges.

www.donorinfo.be publie des informations sur les dépenses, les recettes et les activités de 225 organisations qui viennent en aide aux personnes dans le besoin en Belgique ou ailleurs.

  • Des informations transparentes, parce que toutes les informations financières sont publiées suivant un modèle uniformisé réalisé par la fondation Donorinfo sur la base des comptes annuels détaillés fournis par les organisations.
  • Des informations contrôlées, car chaque année, les organisations doivent fournir à Donorinfo un rapport de contrôle des comptes émis par un organe externe agréé. Les petites organisations peuvent faire appel à Donorinfo pour supporter le coût de ce contrôle. De plus, Donorinfo visite les organisations afin de s'assurer que les informations publiées sur www.donorinfo.be correspondent à la réalité du travail de terrain de chacune.
  • Des informations objectives, parce que la fondation Donorinfo a choisi de rester indépendante et de couvrir elle-même tous ses frais sans faire appel à des subsides, dons, sponsoring ou cotisations. Toutes les informations publiées sur www.donorinfo.be sont traitées par la fondation Donorinfo et actualisées quotidiennement.

Tous ceux qui souhaitent une information fiable sur le secteur philanthropique belge peuvent surfer sur www.donorinfo.be et y trouver des organisations à sélectionner en fonction de leur domaine d'activité, de leur pays d'action, de leur taille, du pourcentage de subsides, ...
www.donorinfo.be s'adresse également à toute personne qui souhaite s'engager dans un volontariat en Belgique, à l'étranger ou qui a du matériel à donner et cherche une organisation qui en a besoin.

Pour plus d'informations:
Donorinfo, fondation d'utilité publique
Pascale Gonda
pascale @donorinfo.be - 0499/77 81 01

 Informations fournies par www.donorinfo.be

D'après le rapport AidWatch de Concord, une trop grande partie de l'aide des pays européens revient vers l'Europe

Le nouveau rapport d'AidWatch est paru. Le rapport se penche sur les montants de l'aide mais également sur l'authenticité de cette aide. Par exemple, le rapport met en avant les montants dédiés à la gestion des dettes, du retour des réfugiés, des bourses, etc.

En incluant ces montants dans le budget de la coopération au développement, les pays européens gonflent ce budget avec des sommes qui ne seront pas destinées réellement à des actions de développement dans les pays du Sud et qui ne profitent pas non plus à l'éducation au développement.

AidWatch estime ainsi que ce sont plus de 5 millards d'euros que les pays européens ne devraient pas inclure dans les budgets de l'aide. Le site de Concord a repris sur une carte européenne : les pays, l'aide authentique et l'aide gonflée. Il est également possible d'avoir une vision plus précise par pays

Le budget de l'aide au développement alloué par l'UE et par l'Etat belge accuse une "baisse historique", note le CNCD-11.11.11.

Le CNCD-11.11.11 vient de réaliser l'analyse du budget 2012 de la coopération au développement.

Cette analyse démontre que l'aide au développement belge souffre de la crise économique, une tendance palpable dans les différents pays occidentaux qui, sous la pression de l'austérité budgétaire, ont réduit leurs dépenses publiques.  Il en va de même pour le budget de l'UE qui diminue pour la première fois depuis 2007. 

En Belgique, entre 2010 et 2012, l'aide a baissé de 10% et elle n'est pas prête de croître à nouveau, le Gouvernement a en effet gelé ce budget jusqu'en 2014. 
Le rapport note également qu'en termes de % par rapport au Revenu National Brut, le budget a stagné à 0,53% (voire même 0,47% si on soustrait les montants affectés "erronément" au budget de  la coopération au développement), loin en tout cas de l'objectif des 0,7% visé pour 2010 déjà.

Le rapport "L'aide en temps de crises : repli ou coopération ?" est téléchargeable sur le site du CNCD-11.11.11. 
Il évoque :

  • L'évolution de la quantité de l'aide
  • Une analyse sur l'efficacité de l'aide (la quantité mais aussi la qualité de l'aide a tendance baisser; les engagements pris par les Etats dès la Déclaration de Paris ne sont pas encore suivis de résultats sur le terrain)
  • Un plaidoyer pour la mise en place d'un modèle belge pour la cohérence des politiques en faveur du développement, plus que jamais nécessaire
  • Un focus sur l'évolution des politiques de soutien au secteur privé dans la coopération au développement, avec une analyse notamment du cas "BIO"

Les statistiques de l'OCDE sur l'APD 2011

  1. Créé par Justine DI PRIMA
  2. Le 05/04/2012
  3. Dans Belgique Financements
L'OCDE a publié les statistiques 2011 de l'Aide Publique au Développement. Constat global: l'aide au PVD est en baisse et particulièrement en Belgique (-13.3%)

"L'aide consentie aux pays en développement par les principaux donneurs a reculé de près de 3% en 2011", tel est le constat de la publication des statistiques sur l'Aide Publique au Développement (APD) de l'Organisation de Coopération au Développement Économique. (OCDE) Aussi, en dehors des allègements de dette et de l'aide humanitaire, sur le total de l'APD nette, l'aide bilatérale affectée à des programmes et projets d'aide au développement a baissé de 4.5% en termes réels.

Cinq pays atteignent cependant l'objectif des Nations Unies de 0.7% de leur revenu national brut (RNB) consacré à l'APD : le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. Dans seize des pays du Comité d'Aide au Développement de l'OCDE (CAD) l'APD a régressé et la Belgique se retrouve parmi les plus fortes baisses, - 13.3% en termes réels, avec l'Autriche (-14.3%), la Grèce (-39.3%), le Japon (-10.8%) et l'Espagne (-32.7%).

Or, le climat économique mondial et la "crise" déstabilisent fortement les économies et le développement des PVD ; le Secrétaire général de l'OCDE Angel Guria soutient donc les pays qui poursuivent leurs engagements et soulignent que "la crise ne devrait pas être utilisée comme excuse pour réduire les contributions à la coopération au développement."

Au niveau européen, la plateforme européenne des ONG d'urgence et de développement CONCORD a réagi par communiqué de presse. Le président de CONCORD, Olivier Consolo déclare : "European countries are cutting aid faster than their economies are shrinking. We could see Europe entering an age of aid austerity, pulling back from supporting millions of poor people in developing countries. European governments are understandably under pressure, but they should realize how important development programmes can be to tackle global poverty and to support developing countries to cope with the impact of the financial crisis. European countries should not turn their backs to the over 3 billion people living on less than $2.50 a day".

En 2010, l'allègement exceptionnel de la dette de la RDC avait fait monté l'APD belge à 0,64% du RNB, rapprochant la Belgique de l'objectif des 0.7% du RNB.  Cette mesure n'était cependant pas durable et n'a pas mené le pays vers des engagements plus fort en matière d'augmentation de l'APD, ce pourcentage étant redescendu à 0.53% en 2011. Le CAD conseillait lors de l'examen par les pairs de l'APD belge en 2010 qu' "Une stratégie à moyen terme, (est une) condition indispensable à la concrétisation durable de l’objectif de 0.7 %".(CAD)

Pour le secrétaire général de la coupole flamande 11.11.11, Bogdan Vanden Berghe : "De economische context en een regering in lopende zaken mogen geen excuus zijn om de engagementen op vlak van internationale solidariteit los te laten" (11.be) (1)

Le Ministre belge s'est engagé, dans sa note politique, à maintenir les subventions au secteur ONG. "La part de la coopération non gouvernementale doit encore être maintenue, même si cette part atteint le double de la moyenne OCDE. La coopération au développement reconnait la valeur ajoutée, l’autonomie et la spécificité des acteurs non gouvernementaux." Les ONG mettent directement en oeuvre des actions de coopération et sont les acteurs dont le taux de réalisation des projets/ programmes est le plus important, et ils le réalisent à un coût plus faible que bien d'autres acteurs à qui sont confiés des montants très importants.

NB: Source OCDE
Le concept de l’aide publique au développement (APD) couvre un ensemble de mesures d’assistance des pays développés en faveur des pays en développement – allant de dons et de prêts à des conditions favorables à un allégement de la dette et à l’aide humanitaire, en passant par la recherche en développement et les frais administratifs de l’aide dans les pays donneurs. Bien qu’il s’agisse d’une mesure mondiale cohérente et comparative permettant d’effectuer le suivi des dépenses des donneurs, l’APD ne donne cependant pas une idée précise du montant d’aide transférée à chaque pays bénéficiaire.

(1) "Le contexte économique et un gouvernement en affaires courantes, ne sont pas des excuses valables pour réduire nos engagements dans la solidarité internationale"

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