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Plaidoyer

Les organisations de solidarité internationale se mobilisent une fois encore ce 14 octobre à Bruxelles pour défendre la coopération internationale à l’occasion de la manifestation nationale en front commun syndical contre les mesures socio-économiques du gouvernement fédéral.

Le 14 octobre, à l'occasion de la grande manifestation nationale en front commun syndical, les organisations de solidarité internationale se mobiliseront à nouveau pour dénoncer les mesures qui mettent en péril la solidarité internationale et affirmer haut et fort notre attachement au maintien des budgets de la coopération au développement et à la justice sociale.

Dans un contexte marqué par une réduction annoncée de 25% du budget de la coopération belge au développement à partir de 2027 - soit près d’un milliard d’euros sur la législature - le secteur souhaite réaffirmer l’importance d’une politique publique forte et cohérente en matière de solidarité internationale.

Ces coupes budgétaires, déjà partiellement effectives dès cette année, affectent plusieurs canaux de financement de la coopération ainsi que le financement climatique, à un moment où les besoins mondiaux en matière de développement durable, de justice climatique et de prévention des conflits sont particulièrement pressants.

L’objectif international de consacrer 0,7% du revenu national brut à l’aide publique au développement ne représente qu’un effort budgétaire limité au regard des dépenses publiques globales, alors que l’aide belge ne représente aujourd’hui que 0,4% du revenu national brut. Or, certains partis de la coalition Arizona proposent de couper encore davantage dans le budget de la Coopération belge.

Face à ces enjeux, les acteurs de la solidarité internationale rappellent l’importance de maintenir les engagements internationaux de la Belgique et de garantir la cohérence entre les politiques nationales et les objectifs de développement durable.

La manifestation du 14 octobre sera l’occasion, pour le secteur, de porter un message commun en faveur d’une solidarité internationale ambitieuse, juste et durable.

La marche démarrera à 10h depuis la Gare du Nord à Bruxelles, via la petite ceinture en direction de la Gare du Midi.

Un point de rendez-vous sur place est également prévu à hauteur du n°15 du Boulevard Albert II à la statue “Légende”, pour rassembler le bloc "solidarité internationale".

Votre présence, vos voix et votre solidarité feront toute la différence — ensemble, dans la rue, nous affirmons la solidarité internationale comme valeur partagée !

 

Assises 2025 de la coopération internationale : Déclaration finale

  1. Créé par Lawrence PIETERS
  2. Le 12/09/2025
  3. Dans
Plus de 400 acteurs et actrices de la coopération internationale étaient rassemblé·es les 11 et 12 septembre 2025 à Bruxelles dans le cadre des Assises 2025 de la coopération organisées par le CNCD-11.11.11 et ACODEV, pour affirmer que le désordre mondial actuel nécessite davantage de solidarité internationale, à l'heure où les coupes budgétaires menacent la vie de millions de personnes et déforcent un instrument essentiel pour répondre efficacement aux enjeux mondiaux.

Nous, citoyens et citoyennes, organisations de la société civile, acteurs et actrices de la coopération internationale, réunis les 11 et 12 septembre 2025 à Bruxelles dans le cadre des Assises de la coopération internationale, affirmons que le désordre mondial actuel, illustré par la montée du nationalisme et des idées d’extrême droite, la multiplication des conflits, la guerre commerciale, le dérèglement climatique, l’effondrement de la biodiversité, les crises alimentaires, les inégalités croissantes, le retour de bâton contre les droits des femmes et le déclin démocratique, nécessite non pas moins, mais plus de solidarité internationale.

Pourtant, la coopération internationale est une des principales cibles de l’agenda national-conservateur. Des coupes sombres sont opérées dans les budgets d’aide au développement des pays donateurs, non seulement aux Etats-Unis, où l’USAID a été brutalement fermée, mais aussi en Europe, et notamment en Belgique, où le gouvernement a décidé de réduire de 25% le budget de la Coopération belge. Ce faisant, les pays donateurs menacent la vie de millions de personnes et se privent d’un instrument essentiel pour répondre efficacement aux enjeux mondiaux.

Malgré ses limites, la coopération au développement contribue à réduire la pauvreté, à améliorer la santé publique et à créer des emplois décents. Elle permet de sauver des dizaines de millions de vies en réduisant la mortalité infantile et maternelle, en enrayant des pandémies et en éradiquant des maladies infectieuses. Elle permet d’augmenter la scolarisation, l’espérance de vie et les investissements productifs. C’est en ce sens un investissement dans la prospérité partagée et la stabilité mondiale qui bénéficie non seulement aux populations des pays partenaires, mais aussi à tous les citoyens et citoyennes du monde.  

La coopération internationale n’est pas seulement utile pour lutter contre la pauvreté. Elle fait aussi partie des instruments à privilégier pour faire face aux enjeux mondiaux, tels que la lutte contre le dérèglement climatique et contre les pandémies, le travail décent, les programmes pour promouvoir la sécurité collective, la démocratie libérale et l’égalité des genres, et plus généralement pour réaliser l’Agenda 2030 de l’ONU pour le développement durable. Cela nécessite de passer définitivement d’une coopération « verticale » (dicter ses priorités la main sur le portefeuille) à une coopération « horizontale » (poursuivre ensemble des objectifs communs tout en prenant en compte les inégalités). 

Le développement est un des trois piliers de l’approche globale des « 3 D » en matière de politique étrangère : diplomatie, défense et développement. La pauvreté est reconnue depuis des décennies comme un facteur majeur d’insécurité dans le monde. C’est pourquoi financer le réarmement des pays de l’OTAN en sacrifiant les budgets d’aide au développement est une dangereuse erreur. La coopération internationale a un rôle majeur à jouer en matière de prévention des conflits, de reconstruction et de développement des pays en situation de post-conflit et, plus généralement, en matière de développement durable – car s’il n’y a pas de développement sans paix, il n’y a pas non plus de paix durable sans développement durable.

Loin de représenter un coût démesuré, l’aide publique au développement ne représente qu’un coût marginal par rapport à d’autres types de dépenses. L’objectif international visant à consacrer 0,7% du revenu national brut des pays donateurs en aide au développement ne représente qu’une fraction de l’objectif de 5% du PIB fixé par l’OTAN en juin 2025 pour les dépenses militaires et de sécurité. Pourtant, l’aide mondiale ne représente en moyenne que moins de la moitié de cet objectif (0,33% en 2024). En réalité, l’aide au développement représente un coût marginal pour un impact économique et social considérable et des dépenses importantes évitées. Elle peut prévenir les crises et épargner des dépenses colossales.

Pour répondre efficacement aux enjeux mondiaux contemporains, la coopération internationale doit se refonder. Le monde dans lequel la coopération au développement est née n’existe plus. Les acteurs et actrices de la coopération internationale font face à des défis majeurs : comment coopérer de manière égalitaire et décoloniale dans un contexte de désoccidentalisation accélérée du monde ? Comment coopérer et renforcer la paix et le développement durable dans un monde de plus en plus conflictuel ? Comment mettre en œuvre des alternatives progressistes et internationalistes dans un contexte où l’espace civique, la démocratie et la solidarité internationale sont de plus en plus menacés partout dans le monde ?

Dans un monde qui se désoccidentalise, il est nécessaire de désoccidentaliser la coopération internationale, afin de mieux intégrer les pays donateurs émergents dans le cadre mondial des objectifs de développement durable et renforcer la voix des pays à faible revenu. Face à la multiplication des conflits, la coopération internationale doit être pleinement intégrée dans une approche « 3D » faisant de l’Agenda 2030 du développement durable un facteur majeur de sécurité mondiale. Face au dérèglement climatique, la justice climatique doit être au cœur des politiques de coopération internationale, selon une approche commune mais différenciée. Dans un monde où les trois quarts de l’humanité vivent dans une autocratie, la coopération internationale doit renforcer les contre-pouvoirs démocratiques dans les pays partenaires, soutenir les organisations de la société civile qui luttent pour le respect des droits et des libertés démocratiques et développer des réseaux internationaux faisant de la promotion des valeurs démocratiques et des droits humains un objectif prioritaire des politiques publiques.  

L’impact positif de l’aide au développement ne doit pas masquer les nombreux obstacles à son efficacité, tels que les effets de dépendance, les conditionnalités contre-productives, la multiplicité des donateurs ayant des vues et des pratiques différentes, ou la mise à l’arrêt subite par les pays donateurs de programmes de développement en cours pour des raisons budgétaires. C’est pourquoi il est primordial de respecter les principes d’efficacité de l’aide et du développement.

Les effets positifs de la coopération internationale sont en outre souvent contrecarrés par les effets contraires découlant des politiques incohérentes des pays donateurs en matière de commerce international et de politique agricole, environnementale, migratoire ou de défense. C’est pourquoi il est crucial de garantir la cohérence des politiques en faveur du développement (CPD), au service d’un juste échange, de systèmes alimentaires justes et durables, de la justice fiscale, climatique et migratoire, et de la paix et la sécurité collective.

Nous, citoyens et citoyennes, organisations de la société civile, acteurs et actrices de la coopération internationale, nous engageons à promouvoir un modèle de société ouverte plutôt que fermée, un monde juste et durable plutôt qu’inégalitaire et insoutenable, la solidarité plutôt que le chacun pour soi, la démocratie libérale plutôt que l’autocratie, l’égalité des genres plutôt que le masculinisme, l’inclusion plutôt que l’exclusion, le droit international plutôt que la loi du plus fort, la prévention des conflits plutôt que la guerre, le multilatéralisme plutôt que le repli nationaliste, la solidarité internationale plutôt que le repli identitaire.

La construction d’alliances citoyennes internationales est un moyen privilégié pour peser sur les enjeux mondiaux. Face aux tentations de repli sur soi, la seule réponse adéquate et durable est le renforcement de la coopération internationale. C’est dans ce but que nous inscrivons nos stratégies et cherchons à développer des synergies à travers l’approfondissement et l’élargissement de coalitions de la société civile et de partenariats internationaux, afin de promouvoir ensemble un monde juste et durable.

Alors que l’aide au développement subit des coupes budgétaires importantes, le CNCD-11.11.11 a publié ce mardi son rapport annuel sur la Coopération belge au développement. Dans un monde qui bascule, la coopération internationale ne doit pas être réduite mais renforcée et adaptée aux mutations en cours pour répondre aux enjeux économiques, sociaux, environnementaux et démocratiques.

Ce mardi 9 septembre, le CNCD-11.11.11 présentait son Rapport 2025 sur la Coopération belge au développement.

Celui-ci analyse les conséquences du basculement du monde qui s’accélère depuis la réélection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et à la montée de l’extrême droite en Europe : repli nationaliste, violation du droit international, multiplication des conflits, réarmement massif, guerre commerciale, coupes dans les budgets d’aide au développement et remise en cause des politiques de développement durable, alors que le dérèglement climatique s’aggrave et que les inégalités se creusent.

Le CNCD-11.11.11 organise ce jeudi 18 septembre un midi-info pour décrypter le contenu de ce rapport.

Coupes budgétaires : la Belgique s’éloigne de ses engagements

Le Rapport dresse aussi le bilan de la Belgique en matière d’aide au développement. D’une part, l’aide belge a augmenté de 15% en 2024, dernière année de législature de la coalition Vivaldi, durant laquelle l’aide belge est passée de 0,41% du RNB en 2019 à 0,48% en 2024. D’autre part, la coalition Arizona a décidé de réduire d’un quart le budget de la Coopération belge durant la législature. « La Belgique opère ainsi un tournant déplorable en tournant ouvertement le dos à l’engagement international de 0,7% en 2030, alors que les besoins sont grandissants dans un monde qui bascule », a dénoncé Arnaud Zacharie, Secrétaire général du CNCD-11.11.11 et auteur du rapport. Dans le même temps, la Belgique, en tant que pays membre de l’OTAN, s’est engagée à mobiliser 2,5 % de son PIB (soit 34 milliards EUR) en dépenses militaires et de sécurité sur dix ans.

« Dans la lutte contre les dépenses publiques et les solidarités au profit d’un modèle de société fondé sur le chacun pour soi et la loi du plus fort, les budgets de la coopération internationale sont une cible privilégiée », a commenté Arnaud Zacharie.

L’utilité de la coopération au développement en chiffres

A cet aune, le Rapport 2025 se penche également sur la remise en cause croissante de l’aide au développement, présentée comme inefficace. Un fact-checking chiffré permet de démontrer combien les arguments des pourfendeurs de l’aide au développement sont erronés, insistent les auteurs. Ainsi, l’aide a contribué à réduire l’extrême pauvreté de 38% à 8% de la population mondiale depuis 1990. D’importants progrès ont été enregistrés, notamment en matière de santé et d’éducation. Loin d’être un coût démesuré pour les finances publiques des pays donateurs, l’aide au développement représente un coût marginal pour un impact économique et social considérable et des dépenses importantes évitées. En effet, selon l’OCDE, chaque dollar investi en prévention des conflits permet d’en épargner 16 à l’avenir. La coopération internationale génère en outre des bénéfices pour les économies des pays donateurs : chaque euro d’aide européenne génère plus d’un euro d’exportations européennes en retour.

Enfin, le Rapport 2025 adresse une série de recommandations à l’intention du gouvernement belge pour renoncer aux coupes sombres dans le budget de la Coopération belge et renforcer son efficacité et sa cohérence dans un monde en mutation.

« L’aide publique au développement demeure un levier essentiel pour faire face aux défis mondiaux contemporains - climat, pandémie, sécurité collective, recul démocratique-, à condition d’être repensée et renforcée. Dans un contexte de basculement du monde et de conflits, elle est un investissement indispensable dans la prospérité partagée et la stabilité mondiale », a conclu Arnaud Zacharie.

Le rapport 2025 de la Coopération belge au développement est téléchargeable ici.

#SupportGenerosity : mobilisons-nous pour la générosité !

  1. Créé par Lawrence PIETERS
  2. Le 27/03/2025
  3. Dans
Vous saviez que la générosité des belges risque d’être punie ? Le nouveau gouvernement prévoit de réduire la diminution d’impôt pour des dons de 45% à 30%, menaçant des centaines d’associations actives dans la solidarité internationale, lutte contre le cancer, pauvreté, environnement, droits humains, culture, aide sociale… Mobilisons-nous pour la générosité en partageant la campagne #SupportGenerosity !

Le nouveau gouvernement belge a décidé de réduire la diminution d'impôt pour les dons de 45% à 30%. Cette mesure fera partie d'une ‘loi-programme’, aux côtés de plusieurs autres mesures fiscales, qui sera soumise au Parlement, probablement dans les prochaines semaines. Par ailleurs, il apparaît que la diminution d’impôt réduite serait déjà appliquée aux dons faits en 2025, c’est-à-dire rétroactivement.

Cette mesure, dénoncée par plus de 400 signataires dans une carte blanche parue dans La Libre, pénalisera des centaines d'associations et de fondations qui dépendent de la solidarité des citoyennes et citoyens pour mener leurs actions au service de l'intérêt général. De plus, le message que cette mesure envoie aux citoyen·nes est profondément inquiétant : au lieu de valoriser la générosité et l'engagement, on l'entrave, comme si l'effort collectif et la solidarité étaient des éléments secondaires.

La générosité doit être encouragée au lieu d’être pénalisée ! C'est pourquoi le secteur associatif se mobilise pour soutenir la générosité avec la campagne #SupportGenerosity.

Participez à l'action !

Plus d'infos : http://supportgenerosity.be


Aux côtés de près de 500 signataires issu·es du monde associatif et de la Coalition Impact, nous demandons au gouvernement "Arizona" de revoir son projet de faire passer la réduction fiscale accordée aux dons de 45 % à 30 %. Ce choix menace 2500 associations et fondations qui dépendent de la solidarité des citoyennes et citoyens pour mener leurs actions au service de milliers de bénéficiaires et du bien commun.

Dans une carte blanche parue aujourd'hui dans La Libre, près de 500 signataires issu·es du monde associatif demandent au gouvernement "Arizona" de revoir son projet de faire passer la réduction fiscale accordée aux dons de 45 % à 30 %. Ce choix menace 2500 associations et fondations qui dépendent de la solidarité des citoyennes et citoyens pour mener leurs actions au service de l'intérêt général tels que des services d'urgence, du soutien aux personnes âgées, des actions contre la pauvreté, en faveur de l'environnement et bien plus encore.

Nous vous invitons à partager cette carte blanche ainsi que les posts Facebook et LinkedIn !

 

Plus d'un million de belges soutiennent 2500 associations

Aujourd’hui, une intention de la coalition gouvernementale “Arizona” ébranle une partie essentielle de notre tissu social : la générosité des Belges et les nombreuses associations qui en bénéficient. À la page 40 de l’accord de gouvernement, un changement majeur est annoncé : la diminution d’impôt accordée aux dons devrait passer de 45% à 30%. Une diminution qui, d’après les déclarations dans le parlement, est déjà le fruit d’un compromis. Ce compromis menace la vitalité de 2500 associations et fondations qui dépendent pour partie de la solidarité des citoyennes et citoyens pour mener leurs actions au service de l’intérêt général.

La Belgique a toujours été un modèle de générosité. La solidarité citoyenne se déploie à travers un secteur associatif vaste et varié, qui touche à une multitude de domaines essentiels. Cela va des organisations comme l’Institut de médecine tropicale, qui travaille sur des maladies infectieuses à l’échelle mondiale, en passant par des acteurs comme la Fondation contre le Cancer qui soutient la recherche scientifique sur le cancer jusqu’à d’autres associations comme les Restos du Cœur, la Croix-Rouge, Amnesty International, diverses associations pour la protection de la nature et l’environnement, et de nombreuses ONG à une multitude de fondations philanthropiques et associations caritatives de taille plus ou moins importante.

C’est ainsi que l’engagement financier de plus d’un million de ménages belges soutient des causes aussi diverses que la protection des animaux, la recherche scientifique sur des maladies, la protection des droits humains, la santé, l’inclusion sociale, la solidarité internationale, ou encore l’aide aux plus démunis. Ces associations et fondations sont le reflet d’une société qui choisit de s’unir pour améliorer le bien-être collectif.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, les Belges ont fait pour un total de 362 millions d’euros des dons de plus de 40 euro à des associations. Une générosité qui a doublé en dix ans. En 2013, les dons représentaient environ 175 millions d’euros. Cette mesure va toucher directement 1,04 million de ménages belges qui donnent en moyenne plus de 350 euros par an à 2500 associations ou fondations, qui sont soit désignées par la loi soit bénéficiant de l’agrément fiscal. Cet élan de générosité a toujours été soutenu par des politiques publiques comme la diminution d’impôt, qui a par ailleurs permis une mobilisation plus forte pendant la crise du COVID-19, avec un taux de 60%, le gouvernement d’alors souhaitant inciter les citoyennes et citoyens belges à contribuer davantage face à l’urgence.

Une économie de bout de chandelle

Aujourd’hui, cependant, le gouvernement opte pour une réduction de cette incitation fiscale, de 45% à 30%. Ce changement ne va pas rapporter tant que cela au budget de l’Etat. Selon les dires du ministre Jambon à la Chambre, l’économie réalisée représenterait 40,26 millions d’euros par an sur des économies budgétaires à réaliser de plusieurs milliards. Une économie de bout de chandelle, donc, pour les budgets publics : elle aura par contre des conséquences dramatiques pour plus de 2500 associations et fondations, et surtout les bénéficiaires de nos actions. Derrière chaque don, il y a des vies, des recherches scientifiques essentielles, des projets de prévention et de soin, des combats pour les droits humains, des initiatives d’insertion sociale, des services d’urgence, des soutiens aux personnes âgées, des programmes éducatifs, des actions contre la pauvreté, en faveur de l’environnement, et bien plus encore.

Cette diminution de la réduction fiscale ne touche pas seulement les associations de grande taille, mais également des structures plus petites, souvent locales, gérées par des bénévoles, qui rendent des services de proximité essentiels. Cette mesure menace donc un écosystème de solidarité d’une richesse incomparable, où chaque organisation, quelle que soit sa taille, joue un rôle crucial dans le tissu social du pays.
Le message que cette mesure envoie aux citoyennes et citoyens est profondément inquiétant : au lieu de valoriser la générosité et l’engagement, on l’entrave, comme si l’effort collectif et la solidarité étaient des éléments secondaires.

C’est pourquoi, en tant que secteur associatif unifié, nous demandons instamment au gouvernement de revoir cette intention. Derrière chaque don se cache une cause importante, qu’il s’agisse de soigner, d’éduquer, de protéger ou d’aider. Ces actions ne peuvent pas être mises en péril sous prétexte d’une économie qui, au final, s’avère fort minime par rapport aux bénéfices sociaux qu’elle génère.

Soutenir la solidarité

Soutenir la solidarité est un acte essentiel dans un monde incertain. Nous appelons donc à un geste constructif : maintenir une diminution d’impôt suffisante pour encourager la générosité des ménages belges et garantir la pérennité des services essentiels fournis par les associations. Ce geste, nous en sommes convaincus, est essentiel et est un pari sur un avenir plus solidaire, inclusif et humain.

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